Jacqueline Dubosc,
adhérente AREC depuis quelques années, nous fait part de son expérience
comme bénévole dans une association humanitaire.
Joëlle. Jacqueline,
comment as-tu connu cette association ?
Jacqueline. Ce sont
des amis médecin et ingénieur de Paris, qui allaient régulièrement au Sénégal
soigner la population, et qui, au moment de la retraite, ont pensé créer une ONG (Organisation Non
Gouvernementale) afin d'apporter plus d'aide à la population.
Peux-tu nous détailler ce qu'ils voulaient faire ?
Oui
! Ils souhaitaient améliorer les conditions de vie de la
population particulièrement démunie de l'est du Sénégal et ils se sont dit qu'il fallait absolument œuvrer sur
trois axes : la santé, l'éducation et
l'agriculture.
Comment ont-ils
fait ?
Ils
ont trouvé des sponsors, fait des démarches auprès des autorités concernées.
Ils ont eu l'oreille compatissante des élus.
Ils
ont créé 2 associations locales :
- le Kaïcédrat (nom d'un arbre) pour gérer le domaine sanitaire en
relation avec l'hôpital de Dakar.
-le Leeket BI (calebasse) pour le secteur éducatif.
Et pour l’agriculture ?
Des
professionnels français, un ingénieur de chez Véolia, deux paysans de la Champagne
Pouilleuse, un directeur d'école agricole, retraités compétents, se sont
déplacés pour créer l'école d'agriculture. Ils ont ouvert une ferme école à Bala avec travaux d'irrigation. Ils y apprennent à
planter, à se servir du compost, à transposer le savoir. Ils sont beaucoup
aidés par l'association « Horizon Sahel » qui a pour but de
participer au développement durable au Sénégal, en partenariat avec ses
collectivités.
Que
fait concrètement cette « Horizon Sahel » ?

L'association œuvre principalement dans la collecte,
assurée par des bénévoles auprès des hôpitaux français, de matériel médical
déclassé mais en bon état et dans son acheminement vers les structures de
santé du Sénégal ( lits médicalisés, blocs opératoires, matériel de contrôle,
de labo, etc.). Elle soutient la formation des personnels et apporte les
moyens logistiques, techniques et financiers nécessaires à la réalisation de
leurs tâches et missions au sein de ces groupes au Sénégal.
Que
s’est-il passé au niveau local ?
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Ces différentes
démarches ont incité la mairie à
donner 5 ha de terrain.
Ils ont construit 45 cases en respectant les constructions locales : le PISE (terre séchée), charpente
en bambou, toiture en chaume.
Pour
la santé : 4 cases de 170m2 abritent l'ophtalmologie, le
cabinet dentaire, la dermatologie, la gynécologie et la cardiologie. Plusieurs cases proches sont dédiées au domaine médical
: une particulière sans mur est la salle d'attente.
Pour
l'éducation : les écoles, collège et lycée sont dans les grandes villes. Comme
les enfants de cette région sont dans la
rue avant d'aller à l'école primaire, il faut mettre sur pied un accueil. Des
réunions avec les chefs de villages (Ils comprennent tous le français) et les
habitants ayant pour thème : " l'école avant le primaire" ont fait
avancer le projet. Une bénévole a crée une maison de la mère et de l'enfant. Elle
a mis en place avec l'association « Horizon Sahel » des écoles
maternelles, des haltes-garderies, des maisons du savoir.
Le
deal est : on vous construit les cases, vous peignez l'intérieur, vous
organisez et assurez l'entretien.
Les
bénévoles, créateurs de l’ONG, se rendent plusieurs fois par an à Bala pour
assurer le suivi et motiver les troupes !
Et toi Jacqueline,
quand y es-tu allée ? Dans quelles conditions ?
J'ai
passé 3 semaines en novembre 2014.
Je
suis bénévole, je suis logée dans une maison tenue par un intendant à
TAMBACOUDA, je paie mes frais de voyage en avion, voiture, alimentation.
Nous
partions le matin pour Bala en voiture, moi j'allais à la maison du savoir (une
case) pour rencontrer des femmes. Elles viennent de villages très éloignés des grandes
villes et parlent un dialecte.... Un inspecteur leur apprend le français et moi
je leur apprends la couture. Tout le monde s'assoit en tailleur, et on apprend
à tenir une aiguille, à faire le point avant, le point machine......Ce ne sont
pas souvent les mêmes femmes qui viennent et il est difficile de faire un
travail suivi et de trouver une
responsable pour prendre le relai.
Quand
je suis partie, j'ai eu une demande particulière : « Tu nous apprendras à
faire des gâteaux pour qu'on les vende et qu'on ait ainsi un peu d'argent de
poche sans avoir besoin de demander à nos maris ! »
Merci Jacqueline
de nous avoir fait partager ton expérience.
Et
maintenant je n'attends qu'une seule chose : y retourner.